choisir le bon thérapeute

Comment choisir le bon thérapeute pour toi ? 

Comment savoir si ton accompagnement est bénéfique ?

Dans cet article, je ne vais pas détailler les différentes professions de la santé mentale car je l'ai déjà fait dans un article précédent (que tu peux lire ici). 
Je vais développer avec un peu plus de précision pour te donner quelques recommandations, quelques idées pour choisir la personne adaptée à tes besoin. Si tu te demandes comment choisir l'accompagnant-e avec laquelle ou lequel travailler pour ton mieux-être, je te propose ici une série de pistes. 

I/ les critères pour choisir son thérapeute

Quelle est la clé du choix pour vraiment trouver la personne qui te correspond, la personne qui te convient ? C'est tout simple ! C'est la personne avec laquelle tu te sens bien. Qu'est-ce que ça veut dire se sentir bien ? Cela signifie la personne auprès de laquelle tu te sens vraiment écouté-e, entendu-e. La personne avec laquelle tu as le sentiment d'être compris-e, ou en tout cas d'avoir face à toi la compréhension la plus précise possible. Et le plus important surtout : le bon thérapeute pour toi est une personne avec qui tu te sens en totale sécurité.

Évidemment, il peut être normal d'avoir des moments difficiles au cours de ton suivi ou de ton parcours vers le mieux-être. Parce que parfois, lorsqu'on fait une thérapie, il y a des choses qui sont remuées. Certaines séances peuvent être plus dures : ces séance où on va un petit peu à reculons parce qu'on sait qu'on va aller creuser, qu'on va aller gratter là où ça fait mal. Ça, c'est normal ! En revanche, si tu appréhendes ta séance parce que tu te sens mal à l'aise avec la personne, parce que tu sens qu'il y a quelque chose qui coince, quelque chose qui grince, alors à ce moment-là tu peux te poser la question de savoir si tu as choisi la bonne personne.

II/ est-ce le bon accompagnement pour toi ?

Pour savoir si tes moments de mal-être viennent de la personne ou du travail que vous faites qui est difficile, il suffit d'observer si tu as l'impression d'avancer. Est-ce qu'au fil des séances, tu te sens mieux ? Est-ce que, même si parfois certaines séances peuvent être plus difficiles, peuvent gratter, peuvent remuer des choses et provoquer chez toi des coups de moins bien... malgré tout, de manière générale avec ton accompagnement, tu constates que cette thérapie te fait avancer ? Est-ce que tu as l'impression de faire chaque jour un pas en direction de ton objectif ?

Une autre notion importante, c'est le sentiment de liberté. Est-ce qu'en séance, avec le praticien, avec l'accompagnante, tu ressens un sentiment de liberté ? Est-ce que tu te sens libre de pouvoir exprimer tout ce que tu as besoin de dire, sans jugement ? Avec surtout un sentiment de sécurité ? Si les réactions, l'attitude ou les propos de l'accompagnant-e que tu as choisi-e, bouscule tes valeurs, si tu sens des choses qui te semblent inacceptables, c'est un red flag. Par exemple : si la personne a des comportements homophobes, si elle fait preuve de sexisme, de validisme, de racisme, de transphobie, ou tout autre chose qui heurte tes valeurs personnelles, même si parfois ça peut être fait sur le ton de l'humour, c'est aussi un red flag. S'il y a quelque chose qui grince, si ça blesse quelque chose à l'intérieur de toi, c'est un signal d'alarme à ne pas négliger. Cela signifie que quelque chose ne va pas, que quelque chose dysfonctionne.

Certain-es thérapeutes peuvent avoir un fonctionnement un peu « rentre-dedans », où tu as l'impression d'être un peu secoué-e. Pourquoi pas. Mais attention, il y a secoué-e et secoué-e ! Dans ce cas, la première chose à prendre en compte est d'abord de savoir si toi, cette manière d'être bousculé-e te convient ? Si ce n'est pas le cas, là encore il y a quelque chose qui dysfonctionne. Une cliente un jour m'a parlé d'un thérapeute qui lui a dit quelque chose de tellement brutal qu'en sortant du cabinet elle a eu des vomissements. Dans ce cas, clairement, avec une réaction aussi extrême qui est allé taper à ce point-là dans le corps, les propos du psychiatre étaient trop violents.

Si tu ne te sens pas libre de dire tout ce que tu veux. Si tu ne te sens pas libre de fixer les limites que tu souhaites. Si tu ne te sens pas à l'aise pour dire STOP ou pour dire NON à une proposition de ton accompagnant-e, c'est un signal d'alerte.

Si la personne a des croyances qui ne sont pas les tiennes et que tu sens qu'il y a une tentative de t'imposer ces croyances, c'est encore un signal d'alerte.

Si la personne te donne un conseil radical sur ta vie, qu'elle s'immisce dans des domaines qui ne la concernent pas, qui ne la regardent pas, et qu'elle te conseille des choses sur ton fonctionnement, sur ta manière de vivre, là aussi ça peut être un signal d'alerte. Des propositions, des hypothèses, des pistes que vous discutez à deux, oui. Mais pour tout ce qui ressemble à de l'ingérence : reste vigilent-e !

Le rôle d'un-e thérapeute est d'avancer avec toi. C'est de s'assurer en permanence que tu as compris ce qui se passe. C'est aussi de tout le temps te demander ton consentement, à chaque étape, à chaque nouvelle avancée. Entre ton accompagnant-e et toi doit s'établir une forme d'échange. Vous devez évoluer ensemble. Sentir que ta parole est accueillie, que lorsque tu as des questionnements, on te répond, que lorsque tu as des limites, elles sont respectées, elles sont entendues et qu'il n'y a pas de jugement... ce sont les bases essentielles !

III/ biais d'autorité* et effet de halo*... se faire sa propre opinion

Autre élément important : ce n'est pas parce que quelqu'un t'a conseillé un-e thérapeute ou un-e accompagnant-e que cette personne est adaptée pour toi aussi. Si ta copine a adoré sa thérapie avec cette personne, a trouvé que c'était quelqu'un de très bien, ça ne veut pas dire que cette personne sera bien pour toi aussi.

Souviens-toi qu'il est parfaitement acceptable d'arrêter à tout moment une thérapie ! C'est ton droit ! Souvent, on n'ose pas dire à son thérapeute qu'on souhaite mettre fin aux séances. Pourtant, une personne professionnelle peut tout à fait entendre et comprendre. Je te conseille d'en parler si tu ressens ce besoin de stopper (même au milieu de la toute première séance, ça peut arriver). Communiquer et partager ce que tu ressens peut faire avancer les choses pour toi et la personne qui t'accompagne. Si tu te sens obligé-e, ce n'est pas bon du tout. Attention à l'emprise et au biais d'autorité*. Un-e bon-e thérapeute saura accueillir tes craintes et accepter de stopper si c'est ton choix.

Un autre aspect que je souhaite te partager également concerne l'exclusivité thérapeutique. Tu as le droit, et c'est même fortement recommandé, de tester plusieurs thérapeutes. C'est tout à fait légitime de tester différentes personnes et différentes approches. Ce n'est pas parce qu'un accompagnement n'a pas fonctionné avec quelqu'un que cela ne fonctionnera pas avec une autre personne. En fait, la base de toute thérapie, de tout accompagnement, c'est d'avoir un lien de respect, un lien de confiance... C'est ce qu'on appelle l'alliance thérapeutique. Lorsque tu ressens avec une personne que votre lien te permet de te sentir à l'aise et que tu as l'impression d'avancer, alors tu sais que tu es au bon endroit. Et rien ne t'empêche d'avoir plusieurs thérapeutes pour différents domaines de ta vie ! Il n'existe pas de clause de fidélité avec la personne qui t'accompagne. Tu peux très bien faire un bout de chemin avec quelqu'un, et un autre bout de chemin avec quelqu'un d'autre, ou même avoir plusieurs praticien-nes en même temps, correspondant à différents aspects de ta vie.

J'espère que ces quelques pistes te seront utiles et te permettront de choisir de manière plus éclairée, la personne avec laquelle tu te sens sécurisé-e, non heurté-e dans tes valeurs, respecté-e et avec qui tu as le sentiment d'avancer.

Pour toute question, tu peux me contacter via ma page Facebook, mon adresse mail ou directement avec un appel découverte gratuit. Pour prendre rendez-vous, c'est ici : calendly.


*Le biais d'autorité : c'est la confiance qu'on accorde à une personne en raison de sa position (ici, on a tendance à faire confiance au thérapeute) qui parfois nous pousse à moins prendre en compte nos ressentis et à suivre la parole de la personne en toute candeur.

*L'effet de halo : C'est la perception positive qu'on a d'une personne en raison de sa notoriété ou des échos positifs qu'on a entendu à son sujet. On part d'emblée avec une bonne impression et une certaine confiance parce que les gens autour de nous disent du bien de cette personne.

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