RETROUVER UN SOMMEIL RÉGULIER ET RÉPARATEUR

Cet article est basé sur un document que j'ai préparé spécialement pour mes consultant·es et que nous allons détailler ensemble. Il s'agit d'observer les domaines sur lesquels tu peux travailler pour améliorer ton sommeil. Observe chaque critère pendant quelques nuits, puis mets en place ce qui est possible pour améliorer chaque point utile pour toi. Si tu souhaites te procuer le document de suivi, envoie-moi un message avec ta demande et ton adresse e-mail, je te l'enverrai gratuitement.

1/ SOMMEIL ET PERCEPTIONS SENSORIELLES

C'est une catégorie à laquelle on ne pense pas souvent mais qui pourtant est essentielle. En fait c'est très simple : si ton confort de base n'est pas assuré, il y a de grandes chances que cela puisse impacter ton sommeil. Parfois, on a tellement l'habitude de « faire avec », de s'adapter aux conditions externes, qu'on ne fait plus forcément attention à toutes ces bases-là.

Pourtant, il se peut que ta sensibilité (je parle ici de tes perceptions) t'empêche de t'endormir tranquillement ou de maintenir un bon sommeil. Regardons ensemble ces choses toutes simples qui concernent tes 9 sens.

Premier sens : la vue. Est-ce que dans ta chambre ou dans l'endroit où tu dors, il y a trop de luminosité ? Est-ce que tu fais partie de ces personnes qui ont besoin d'être dans le noir complet ? Il se peut que tu n'aies jamais testé et que le fait d'occulter complètement la fenêtre puisse déjà être une première action intéressante sur laquelle travailler. Vérifie s'il y a des lumières gênantes dans ton lieu de sommeil (lampadaire de la rue, réveil lumineux, leds sur les appareils autour de toi...).

Deuxième sens : l'ouïe. Les oreilles sont un organe qu'on ne peut pas fermer. Or le bruit peut être un facteur gênant pour l'endormissement (voisins bruyants, fond sonore permanent comme une chaudière ou une VMC, ronflements d'un·e conjoint·e...). Parfois, au cours de la nuit, un bruit inhabituel peut venir jusque dans nos rêves pour nous réveiller. L'ouïe est un des premiers sens qui peuvent nous mettre en alerte en cas de danger. Une solution s'il y a trop de bruit autour de toi  peut être de mettre des bouchons d'oreilles ou des accessoires adaptés pour diminuer le plus possible les sons parasites qui peuvent t'empêcher de dormir.

Troisième sens : le goût. Sauf dans certaines pathologies spécifiques, le goût est rarement un sens qui pourra te déranger pendant ton sommeil.

Quatrième sens : l'odorat. C'est plus rare, mais parfois certaines odeurs peuvent déranger au point d'empêcher de dormir ou de réveiller ! Cela peut être une bonne chose si une odeur liée à un danger nous atteint au cœur de notre sommeil. Je me souviens avoir été réveillée par une odeur de fumée le jour où le bar en bas de ma rue a pris feu au milieu de la nuit. Inversement, un parfum réconfortant peut t'aider comme par exemple quelques gouttes d'huile essentielle de lavande ou de fleur d'oranger.

Cinquième et sixième sens : toucher et proprioception. Le confort insuffisant de ta literie peut t'empêcher d'avoir un sommeil réparateur ou un endormissement de qualité. Veille aussi tout simplement au confort de tes draps, au confort de tes vêtements de nuit, à ton oreiller, à ta posture.

Septième sens : la thermoception. Dormir dans un lieu trop chaud ou trop froid peut bien sûr impacter l'endormissement et la qualité du sommeil. Se trouver dans un confort thermique adapté, c'est très important. La température de la pièce doit être à peu près à 19°C parce que pour bien dormir, ton corps doit baisser d'environ un degré. Si la pièce est trop chaude cela peut empêcher ton corps d'atteindre cette température dont il a besoin.

Huitième sens : l'intéroception. C'est la perception de tes organes internes. L'inconfort digestif, l'inconfort au niveau intestinal, sont des facteurs qui peuvent impacter ton sommeil. La nycturie (se lever la nuit pour uriner) est aussi quelque chose qui coupe tes différentes phases de sommeil et peut t'empêcher de profiter des différents « types de sommeil ». Ton alimentation peut donc être un paramètre à surveiller. Des repas trop riches ou trop léger le soir par exemple, une digestion compliquée, certaines intolérances, des remontées gastriques... peuvent gêner ton confort intéroceptif.

Neuvième sens : la nociception. Évidemment, les douleurs aiguës ou chroniques sont un facteur d'insomnie ou de repos non réparateur. Certaines maladies chroniques par exemple (endométriose, douleurs articulaires, migraines, fibromyalgie...) peuvent provoquer des douleurs qui t'empêchent de dormir convenablement. En hypnose, on peut apprendre des techniques d'auto-hypnose qui vont t'aider à mettre ces douleurs de côté pour qu'elles viennent moins impacter ton sommeil. 

2/ BIEN DORMIR GRÂCE À LA RÉGULARITÉ

La régularité est la clé absolue pour un sommeil de qualité. Dans mon cabinet, j'ai remarqué que ces conseils-là, même si ce sont les plus importants, sont ceux qui sont les moins respectés. En effet, on peut avoir le sentiment que respecter un planning de sommeil précis vient peser un peu sur notre vie et notre liberté. Et pourtant, cette ponctualité est ESSENTIELLE ! Ton heure de coucher et ton heure de lever doivent être les plus régulières possibles. Elle doivent être calées sur ton rythme naturel. Ça se joue quasiment à la minute près !

Il faut que tu sois attentif·ve au moment précis où tu sens que tu as besoin d'aller te coucher. Quand tu sens que le train du sommeil arrive, que tes yeux se ferment : ton corps t'avertit que l'heure d'aller te coucher est arrivée. C'est parfois compliqué de respecter ce moment parce qu'on peut avoir l'impression de ne pas avoir assez profité de sa journée. Après une journée de travail, on a envie de rester tranquillement dans son canapé ou bien de bouquiner, de regarder une série ou de passer du temps en famille. Sauf que si tu décales ce train du sommeil tu es reparti·e pour 90 minutes avant de pouvoir retrouver cette sensation d'endormissement et ce besoin d'aller te coucher.

Une heure de coucher régulière, c'est la clé !

La deuxième régularité essentielle, c'est celle de l'heure de lever. Quelles que soient tes activités, quelle que soit l'heure à laquelle tu te couches, il est primordial de garder ton heure de lever la plus stable possible.

Si tu respectes ces deux horaires-là, au bout d'un moment, ta nuit va se caler sur ton rythme à toi. Il y a deux types de personnes. Les night owls (les oiseaux de nuit) qui sont les couche-tard/lève-tard et les early birds qui vont se lever tôt et se coucher tôt. Certaines personnes peuvent être un petit peu entre les deux. L'essentiel est de repérer lequel est ton rythme personnel pour te caler sur ce rythme. Attention, si dans ta famille tout le monde est dans une catégorie et toi dans l'autre, cela peut poser un problème et générer ce qu'on appelle un jet lag social. Ton objectif est de te reconnecter avec ton rythme à toi, avec tes besoins. Est-ce que tu es un couche tard/lève tard ? Dans ce cas-là, il faut suivre ton rythme. Et inversement, si tu es quelqu'un dont les yeux se ferment à 21h30, va te coucher à 21h30. C'est parfois difficile à accepter, mais c'est vraiment la clé numéro un.

Et pour finir il y a la durée du sommeil. Le besoin moyen pour un adulte est d'environ 8 heures de sommeil. Cependant, la fourchette se situe entre 7 et 9 heures. Certaines personnes sont de petits dormeurs pour qui une nuit de 6,5 à 7 heures est suffisante. D'autres sont de gros dormeurs qui ont besoin de 9 heures pour se sentir en pleine forme. Là aussi, je t'invite à être attentif·ve à tes besoins personnels. Est-ce que quand tu dors 8 heures, tu te sens reposé·e ? Est-ce suffisant pour toi ? Si tu as besoin de nuits de sommeil plus longues, c'est quelque chose qui peut parfois être difficile à accepter.

Tu peux observer la qualité de ton sommeil. Te semble-t-il réparateur ? Est-ce que le matin, quand tu te réveilles, tu te sens reposé·e et au top de tes capacités ? Si ce n'est pas le cas, il y a peut-être d'autres facteurs à vérifier que nous allons détailler dans la suite de cet article.

Si c'est compliqué pour toi d'observer ton moment de coucher le soir, tu peux essayer de te concentrer sur tes rythmes dans la journée. Tout au long de la journée, tu traverses des cycles ultradiens de 90 minutes. Si tu y portes attention, tu vas constater la présence, toutes les 90 minutes à peu près, de variations d'énergie et de concentration. Quand tu ressens une baisse d'énergie, une petite somnolence ou des bâillements, des difficultés de concentration, note ces moments. Ils constituent un repère toutes les 90 minutes, qui pourront t'aider à trouver ton heure de coucher idéale.

3/ LE SECRET DES CYCLES DE SOMMEIL

Il peut y avoir des interruptions dans ton sommeil. Vérifie si certaines choses te réveillent et entrecoupent ton sommeil. Est-ce que tu as des réveils nocturnes ? Est-ce qu'il y a des bruits qui te réveillent ? Est-ce qu'il y a des rêves ? Est-ce qu'il y a des cauchemars ? Est-ce qu'il peut y avoir des conditions externes qui te réveillent ? Par exemple, ton conjoint, tes animaux. Il arrive que ton chat, à 3h du matin, vienne sauter sur ton lit. Pendant quelques secondes, tu sors du sommeil. Ça ne paraît pas grand-chose, mais en réalité cela casse les cycles du sommeil.

Durant une nuit de sommeil, on traverse plusieurs phases. Chacune a ses spécificités. Une nuit complète et non interrompue est importante pour reconstituer ton énergie, régénérer tes muscles, tes organes (dont ton cerveau). Traverser sereinement toutes les phases du sommeil, notamment le sommeil lent profond, est nécessaire pour une santé optimale.

Chaque nuit de sommeil voit se succéder 4 à 6 cycles de 90 minutes environ. Chaque cycle est composé de 4 stades : endormissement, sommeil léger, sommeil profond et sommeil paradoxal (REM).

Le sommeil lent profond est celui qui domine en début de nuit, le sommeil paradoxal est surtout présent en fin de nuit.

Pour avoir la sensation d'être bien reposé, l'idéal est de se réveiller en fin de cylce (et non au milieu d'un cycle). C'est pourquoi un réveil programmé peut être très pesant alors que la fin du cycle se trouvait peut-être à peine quelques minutes plus tard.

4/ HORMONES DU SOMMEIL ET DE L'ÉVEIL

L'hormone principale du sommeil est la mélatonine. La mélatonine est naturellement produite par ton cerveau au cours de la journée. Elle atteint son pic lorsqu'il est l'heure pour toi d'aller te coucher. Elle favorise le passage ton système nerveux en mode parasympathique et maintient ton sommeil. Tu peux trouver de la mélatonine de synthèse en pharmacie. Cependant son utilisation n'est pas anodine et il vaut mieux s'appuyer sur un avis médical. Tu peux prendre soin de réguler simplement et naturellement la mélatonine de ton corps en mettant en place les conseils développés dans cet article.

Voici trois conseils essentiels pour réguler tes hormones en lien avec le sommeil. Le premier est l'absence de lumière le soir. En particulier les lumières qui évoquent la lumière du jour telles que les lumières bleues (comme les lumières des écrans). Arrête de t'exposer aux lumière bleues environ une heure, une heure et demie avant d'aller te coucher. Pas d'écran de téléphone, pas d'écran d'ordinateur... parce que lorsque tes yeux vont capter cette lumière-là, ton cerveau va l'interpréter comme la lumière du jour, ralentir la sécrétion de mélatonine ce qui va décaler ton ressenti, ton besoin de sommeil.

Deuxième conseil en lien avec les hormones du réveil cette fois : s'exposer à la lumière du jour le matin. Il est essentiel que tes rétines détectent la lumière du jour au réveil pendant une trentaine de minutes. Attention, il ne s'agit pas de regarder directement le soleil en pleine face ! Mets-toi face à une fenêtre, sur ton balcon ou en extérieur et, pendant une bonne trentaine de minutes, laisse ton organisme s'exposer à la lumière du du jour. Ainsi, ton cerveau va sécréter le petit boost de cortisol qui signale à ton corps qu'il est réveillé et que c'est le moment de mettre en route tout ton système. C'est l'étape 1 du rythme circadien. Si tu n'as pas la possibilité d'accéder à la lumière du jour au moment de ton réveil (s'il fait encore nuit le matin quand tu te lèves ou bien si tu travailles dans des conditions où tu n'as pas accès à la lumière du jour...) tu peux utiliser une lampe de luminothérapie. Veille à avoir un avis médical et à choisir une lampe de qualité (correspondant aux normes françaises et européenne pour ta sécurité).

Troisième conseil en lien avec les hormones de la veille et du sommeil : les rituels d'endormissement. Suivre une routine du soir aide ton corps à faire baisser le taux de cortisol (diminution du stress) et enclencher le cycle de la mélatonine. Certains détails t'aident à installer de bonnes conditions d'endormissement. Plus ton cerveau est habitué à une certaine routine, un peu comme les enfants finalement, plus il sait que l'heure du coucher approche. Tu peux rajouter des choses qui te font du bien : un petit moment de lecture, une musique douce, une bougie parfumée... Une douche fraîche peut être intéressante aussi pour détendre ton corps. Le bain chaud n'est pas du tout recommandé parce qu'il va réchauffer ton corps alors qu'il a besoin de baisser sa température pour accéder au sommeil.

Une autre hormone importante joue un rôle crucial dans ton rythme circadien, c'est l'adénosine. Son rôle est d'augmenter la « pression de sommeil » au fil de la journée. C'est sur les capteurs de l'adénosine qu'agissent des substances telles que la caféine, perturbant cette pression de sommeil nécessaire pour ressentir le besoin de dormir. Tu peux éviter les effets néfastes en arrêtant de boire du café après 14H00 (ou même idéalement après 11H00 du matin). Une sieste trop longue ou trop tardive peut également ralentir le taux d'adénosine et dérégler ton rythme circadien.

En résumé : éviter la lumière bleue le soir, s'exposer à la lumière du jour le matin et avoir des rituels du coucher stables et calmes.

5/ INSOMNIES ET CONDITIONS PSYCHOLOGIQUES

De nombreux facteurs peuvent impacter ton sommeil sur le plan psychologique. Ces paramètres sont variés et très personnels. C'est notamment sur ces éléments psychologiques que nous pouvons précisément travailler en cabinet.
 

Voici ce que tu peux vérifier :

  • As-tu des pensées parasites, du stress ou des angoisses qui génèrent trop d'excitation pour bien t'endormir ?
  • As-tu des cauchemars ou des terreurs nocturnes ? 

Les cauchemars peuvent te freiner pour aller te coucher ou t'empêcher de te laisser sereinement aller à l'endormissement. L'hypnose est un outil efficace, validé scientifiquement, pour lutter contre ce type de parasomnies. 

Concernant les ruminations, les pensées parasites, il existe aussi des protocoles que tu peux facilement mettre en place, avec ou sans hypnose. Tu peux par exemple t'intéresser à mon pack « stop aux ruminations » : un kit à faire à ton rythme avec des séances d'hypnose et un replay plein de conseils pour mettre fin aux ruminations ou les calmer suffisamment pour qu'elles n'entravent plus ton sommeil ou ton coucher le soir.

D'autres conditions peuvent nuire à ton endormissement ou à la qualité de ton sommeil :

  • les activités physiques (pratiquer un sport intensif, en particulier le soir, peut impacter ton sommeil. Inversement, une activité physique insuffisante peut engendrer des difficultés d'endormissement)
  • les conditions particulières : examen, compétition, moment de vie compliqué, deuil, divorce, difficultés financières, conditions de travail... En général, ces moments de vie compliqués sont provisoires. Néanmoins, si tu constates que cela dure dans le temps, ou que les conséquences sur ta qualité de vie sont trop pesantes, tu peux faire appel à une personne extérieure pour retrouver des conditions de sommeil plus sereines.

Il existe un syndrome qui apparaît parfois, notamment avec l'âge : le syndrome des jambes sans repos.

Le sommeil est un pilier essentiel pour une bonne qualité de vie et de nombreux paramètres personnels peuvent l'impacter. Chaque personne est unique et chaque personne a ses risques et ses besoins particuliers.

6/ SI TOUS LES FACTEURS FAVORABLES AU SOMMEIL SONT OPTIMISÉS

Si tu fais le bilan complet de tous ces domaines d'optimisation de ton sommeil et que tu constates que tout est dans le vert pour toi (pas de rumination, conditions parfaites dans la pièce où tu dors, rien pour te réveiller, impression de faire de bonnes nuits...) et que pourtant tu te réveilles fatigué·e, alors il peut être intéressant de faire un bilan physiologique.

Avant d'aller consulter un·e accompagnant·e, vérifie que tu n'as pas de soucis médicaux (apnée du sommeil, somnambulisme, parasomnies d'origine neurologique...). Un bilan médical précis, avec des électrodes et divers appareils de mesure, permettra de vérifier : la respiration, le rythme cardiaque, le tonus musculaire, les phases du sommeil, l'oxygénation du sang... afin d'éliminer tous les facteurs d'ordre physiologique avant de s'attaquer aux autres aspects.

Si tu veux en savoir plus sur les liens entre sommeil et entrepreneuriat, tu peux aller lire l'article que j'ai écrit sur cette question. Tu y trouveras notamment des exercices pour mesurer l'impact de ton sommeil sur ton travail et réciproquement.

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