À PROPOS

Hypnose et psychothérapie dans l'ain et en visioconsultation

« Ce que tu ressens, et surtout la durée de ce que tu ressens, n’a pas toujours grand-chose à voir avec la réalité objective. »

Susannah Dean, pistolero 

Depuis toute petite, les livres sont mes compagnons. Ils sont mon refuge, une source d'inspiration, de bonheur, un lieu pour apprendre et comprendre la vie. Ils sont le moyen que je préfère pour m'isoler du monde trop bruyant et anxiogène, tout en me connectant à d'autres humains qui vivent  en d'autres lieux ou d'autres époques... Parmi mes auteurs préférés, il y a le grand spécialiste de l'humain : l'immense Stephen King. Les romans de ce vieux sage ont été des compagnons fidèles, depuis mon adolescence. Et la fabuleuse saga La Tour Sombre est mon récit préféré. Il y a tout dans cette saga : parcours initiatique, science-fiction, épopée épique, philosophie, et par-dessous tout les liens humains indéfectibles.

C'est la première raison pour laquelle cette citation me tient tant à cœur. Tout d'abord car c'est une phrase prononcée par Susannah dans La Tour Sombre et ensuite parce qu'elle résume parfaitement toute l'idéologie de mon cabinet. Chaque sensibilité est unique, chaque manière de vivre, de penser, de ressentir est unique, chaque souffrance est réelle et ne peut être comparée. Oui, nous sommes tous et toutes des êtres humains avec beaucoup de choses en commun, mais nos différences sont bien là elles aussi.

Très très souvent, mes clientes et clients sont gêné·es de franchir la porte de mon cabinet. Parce qu'iels ne se sentent pas légitimes à demander de l'aide pour leur souffrance ou leurs difficultés. La grande majorité considère que d'autres personnes traversent des difficultés de vie bien plus lourdes et qu'au fond, en comparaison, elles-mêmes ne méritent pas de prendre soin d'elles. C'est parfois tellement dur d'oser prendre soin de soi !

Je connais ce sentiment. Je l'ai moi-même ressenti quand j'ai traversé le grand séisme de ma vie, ce burn-out qui a bien failli avoir ma peau. Pendant des mois j'ai refusé de voir la vérité en face. Coûte que coûte je tenais dans la tempête en me disant que ça irait mieux demain... Les prochaines vacances arrivent, ça ira mieux. J'ai trois jours d'arrêt, ça ira mieux. J'ai un petit traitement pour dormir, ça ira mieux... Jusqu'au jour où la mauvaise nouvelle de trop dans mon travail a fait exploser mon édifice. C'était trois fois rien : je changeais juste d'équipe de conseillers pédagogiques. Mais ce trois fois rien c'était la clé de voûte de mon équilibre fragile : parce que cette équipe pédagogique était mon seul soutien, mes repères, alors que tout le reste était devenu maltraitant. Tout comme beaucoup de mes client·es je ressentais de la honte, la honte de me sentir mal alors que « J'avais tout pour être heureuse. ». La vérité c'est que mon environnement professionnel était brutal et destructeur mais que j'étais dans le déni. Je pensais avoir la force. Mais c'est justement les personnes fortes et passionnées qui s'épuisent jusqu'à brûler leurs dernières ressources.

Je te partage l'histoire de mon burn-out comme exemple mais je pourrais te parler de Sylvie dont la phobie des espaces vides était tellement envahissante qu'elle la privait d'une partie de sa vie : les sorties en famille, la joie de se promener, le simple plaisir d'accompagner ses enfants à l'école. Je pourrais te raconter l'histoire d'Adam qui ne prenait jamais sa place en réunion et n'osait pas s'exprimer devant les autres alors qu'il fourmillait d'idées pour son entreprise : ce manque de confiance en soi lui faisait vivre des journées horribles dans un job qu'il adorait pourtant. Je me souviens aussi de Marjolaine qui ne dormait plus et était si fatiguée qu'elle ne faisait plus rien en dehors du travail : fini les soirées avec ses amis, terminé les week-end de randonnée à vélo... Les personnes comme Sylvie, Adam et Marjolaine savent que leur vie est remplie de belles choses, une famille aimante, un toit sur la tête, suffisamment à manger, un confort matériel, et pensent donc « Qu'elles n'ont pas de raison de se plaindre. ». Mais moi, avec mon regard extérieur, je trouve ça injuste ! Je pense qu'elles méritent toutes de se sentir libres, de profiter de la vie avec plus de légèreté ! Que leur douleur mérite d'être traitée ! Parce qu'on est pas identiques dans nos ressentis. Parce que nos capacités à encaisser, à endurer, à profiter sont variables d'une personne à l'autre. Elle sont même variables selon les périodes de notre vie. Quand on a mal, on a le droit de souhaiter un soulagement. Point.

L'injustice m'a toujours rendue dingue. Au point que certains livres sont impossibles à lire pour moi (le dernier en date : Jeu blanc de Richard Wagamese. Lire les scènes injustes de maltraitance envers des enfants autochtones c'était trop dur pour moi). C'est pourquoi il me tient tellement à cœur de redonner de la légitimité dans leur souffrance aux personnes qui viennent en consultation. « Ce que tu ressens, et surtout la durée de ce que tu ressens, n’a pas toujours grand-chose à voir avec la réalité objective. ». En d'autres termes : ce que tu vis t'appartient, ta sensibilité est la tienne, tes forces et ta vulnérabilité sont variables et personnelles. Tu as le droit de ressentir ce que tu ressens. Et cela n'a absolument rien à voir avec ce qui semble factuel. Que dirais-tu à ton ami·e qui souffre dans la même situation ? Est-ce que tu lui dirais : « Oh, c'est bon, c'est rien, il y a pire ! » ou est-ce que tu lui offrirais ton soutien et des encouragements à trouver de l'aide pour aller mieux ?

Le burn-out a été un grand bouleversement dans ma vie. Il m'a obligée à quitter mon travail d'enseignante et de directrice d'école que je chérissais. Ce métier pour lequel j'avais fait tant de sacrifices, fourni tant d'efforts pour réussir le concours et obtenir un poste qui me correspondait. Chaque jour, je retrouvais mes élèves avec tant de joie ! Il a fallu faire le deuil de mon statut de maîtresse que j'aimais tellement. Terminé le bonheur de cheminer à vélo chaque matin pour rejoindre ma petite classe de campagne. Mais j'ai pu me reconnecter avec mes premières ambitions de jeunesse. Finalement, cette Maîtrise de psychologie clinique et de neurosciences cognitives allait pouvoir trouver une nouvelle utilité ! Mes élèves me manquent toujours, et me manqueront toujours je pense. Mais tout ce que j'ai appris au contact des enfants, des familles, tout ce que j'ai appris dans mon parcours universitaire, et tout ce que j'ai vécu à travers l'épreuve du burn-out sont aujourd'hui autant de ressources pour être au plus près des personnes que j'accompagne dans mon cabinet. J'ai découvert ce merveilleux outil qu'est l'hypnose. C'est une autre aventure dans laquelle je peux combattre l'injustice, continuer d'apprendre chaque jour au contact des autres et plonger de longues heures dans des lectures instructives !

Je le répète : chaque parcours est unique. Ce que tu ressens n'appartient qu'à toi. Même si d'autres parcours peuvent faire écho et que le partage humain est souvent précieux. N'oublie pas que tu as le droit de prendre soin de toi, que tu as le droit de te sentir mieux ! Je terminerai cette petite présentation par une citation toute simple et tellement vraie de Milton Erickson (pour boucler la boucle entre la littérature et l'hypnose) : « La vie apporte son lot de douleurs, votre responsabilité est de créer de la joie. » Mais pour trouver cette joie, rien ne t'oblige à chercher seul·e !

Finalement est-ce que cette phrase d'Erickson s'adresse à la personne qui consulte ou à l'hypnothérapeute ? Telle est la question...

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